LE SLURM

Galerie Live In Your Head-Genève, 5 Mai/4 Juin 2011

Le Slurm est le nom d’une boisson gazeuse très apprécié en l’an 3000 dans le monde mis en oeuvre par la série animée Futurama. C’est aussi le titre donné à l’exposition initié par Christophe Kihm et Marc-Olivier Whaler réalisée en collaboration avec un groupe d’étudiants du Workmaster de la Head- Genève, où l’on apprécier une oeuvre de S.McEnzie exhibant le dernier spécimen disponible de ce soda. Le passage par la science fiction offre une entrée en matière aux trois opérateurs constitutifs de cette exposition: le prestige (qui désigne le troisième temps d’un tour de magie, celui de la réapparition de l’objet disparu), le dédoublement et la transformation. A cette occasion la production et l’observation des différences entre un original et sa copie affûte nos compétences à regarder de manière critique des propositions induisant la question « que croire? ». Ces déplacements permettent d’interroger l’exécution d’un travail artistique et son fonctionnement au sein d’une exposition. Dans ce contexte aux frontières du réel, certaines oeuvres trouvent leur source dans des données scientifiques, comme le dédoublement des cellules structurant un corps (Body Count de Stéphane Arcas), l’étude des rites de  croyance en astronologie (de Shana Moulton) ou des bases socio-psychologiques (les Chuckondes, Marie-Anne Elzingre). Les interractions entre prestige, dédoublement et transformation se prolongent dans le décentrement d’une réalité proposant de nouveaux rapports d’intensités avec l’environnement (Dominique Varenne, Ryan Gander) reconfigurant l’espace temps (Roman Kemper, Lars Magnus). On pense à l’illusionniste Garcimore, qui évoquait ses doutes quant à la réusssite de ses propres tours de magie, sans jamais rien révéler de son savoir faire.

Steve Paterson.