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Subsides à la culture : faut-il changer les règles ? LA LIBRE Nov 2012 Pius KNÜSEL

Subsides à la culture : faut-il changer les règles ? LA LIBRE Nov 2012 Pius KNÜSEL

Stéphane ARCAS

Porte-parole de « Conseil Dead « – Conseil d’avis alternatif et spontané représentant les intérêts des artistes des arts du spectacle.

Pourquoi faut-il subsidier la culture ?

A la question « Faut-il faire un effort d’économie de guerre sur l’art », Churchill aurait répondu, « Mais alors pourquoi faire la guerre ? » La question de notre utilité dans la société est toujours celle qui revient sur le tapis. Il n’y a pas lieu d’en débattre. L’art et la culture sont, au même titre que l’éducation, une obligation morale pour toute société. Que dire d’un monde qui ne se consacre qu’à des jeux financiers sans quête métaphysique, sans regard sur lui-même? C’est par la réflexion et l’imagination qu’on résout une crise. C’est par le biais de l’éducation et de la culture que la crise se combat. C’est grâce aux effets de la culture sur les esprits que des politiques de changement peuvent se réaliser. C’est elle aussi qui permet de combattre les préjugés. C’est notamment grâce à son efficacité qu’en Belgique, un débat comme celui du mariage homosexuel n’a pas pataugé comme actuellement en France. Mais une culture qui stagne n’est pas efficace. Il faut donc qu’elle puisse se vivre. Il est temps d’organiser une nouvelle concertation du milieu pour la rendre plus efficace dans sa productivité et son rayonnement. Nous pensons que l’art est un des moyens de traverser la crise, non par un repli de notre communauté sur elle-même mais en œuvrant sur elle-même, en débat et en contradiction. Il n’y a pas de fatalité. D’autres pays ou communautés voisins -la Pologne, l’Allemagne et la Flandre- ont pris des décisions à l’égard de l’art et de la culture qui ont abouti à un refinancement du secteur. Un choix politique fort et courageux. Une façon de créer de l’espoir.

Les auteurs du livre « L’infarctus culturel » (voir ci-contre) pointent une culture institutionnalisée et subsidiée qui serait trop fonctionnarisée et pas assez démocratique, s’adressant à 10% de la population. Votre réaction ?

C’est délicat. Nous ne voulons pointer du doigt ou diaboliser personne. Notre combat – et notre unité- se borne à vouloir garantir l’emploi pour les artistes et leur indépendance face aux institutions. Il n’y a pas d’artistes fonctionnaires. Ce qui existe, ce sont des institutions culturelles investies d’une mission par la société et à qui, à cette fin, le pouvoir politique donne des moyens. Il y a bien une proximité entre le monde politique et le monde culturel : l’un comme l’autre entend porter un regard sur notre société et vers la civilisation. La fonctionnarisation des artistes n’est ni réelle ni souhaitable. Les artistes sont nécessaires dans la mesure où ils restent indépendants et peuvent porter une voix alternative voire contradictoire. C’est à cette condition qu’ils ont leur place dans une démocratie.

Que faudrait-il changer dans les modes d’intervention de l’Etat dans le secteur de la culture ?

Un « New Deal » à la belge. Une concertation générale du secteur devrait se profiler. L’artistique doit y être remis au centre du débat. Il faut donner les moyens aux commissions indépendantes pour qu’elles se détachent des enjeux institutionnels. La culture est un secteur qui doit être repensé et réinvesti pour étendre son rayonnement.

« Il n’y a pas d’artistes fonctionnaires. Ce qui existe, ce sont des institutions culturelles investies d’une mission par la société et à qui, à cette fin, le pouvoir politique donne des moyens. »

T.Bo.

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